CarnetInde2012

Bénarès, la ville sacrée.

Bénarès, je crois que j' ai toujours rêvé d' y aller, c' était un peu le but de mon voyage. Décrire cette ville sainte est très difficile, chacun ressent les choses différemment, mais je vais essayer. Nous arrivons…

VI
vico
Publié en 2012
5/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Bénarès, je crois que j' ai toujours rêvé d' y aller, c' était un peu le but de mon voyage. Décrire cette ville sainte est très difficile, chacun ressent les choses différemment, mais je vais essayer. Nous arrivons en fin d' après midi. Après avoir déposé nos bagages à l' hôtel, nous partons en rikshaws à travers les rues pour rejoindre les rives du Gange. Dans un concert assourdissant de klaxon, de musique et de bruits de touts sortes, notre conducteur a bien du mal à se faufiler entre les voitures, les camions et les charrettes. Ne voulant rien perdre du spectacle qui s' offre à mes yeux je regarde partout en même temps! J'ai l'impression que tous les habitants sont dehors. Cependant, au fur et à mesure que la nuit descend sur la ville l' ambiance change. Nous continuons à pied sur un chemin de terre battue. Hommes, femmes, enfants, tout le monde déambule dans la rue principale qui mène au ghât où nous devons nous rendre. Des hauts parleurs nous agressent les oreilles, tandis qu'une odeur indescriptible me prend à la gorge. Il faut contourner les vaches, qui impassibles regardent défiler toute cette foule. Nous arrivons enfin en haut des marches d' un ghât. Une étrange impression m' envahit tout à coup. Il fait nuit, les bruits de la ville sont assourdis, nous rentrons dans un autre monde... Nous descendons au bord du Gange, où des hindous font leurs ablutions. Nous prenons une barque qui nous emmène sur l' autre rive du fleuve. Nous allumons des petites bougies, achetées à des marchandes, et nous les laissons voguer en pensant à un être cher. C' est un moment très émouvant, croyant ou pas car beaucoup d' entre nous ont perdu un être cher. Dans un calme absolu et une nuit sombre nous glissons doucement. Soudain une odeur de bois flotte dans l' air et la nuit s'illumine de couleur orange: nous voyons les 1ers buchers de nuit ! Interdiction de filmer ou de photographier, l' idée ne m' effleure même pas, j' ai trop de respect et suis consciente d' assister à un moment privilégié. Au loin j' aperçois encore les petites flammes des bougies qui dansent sur l'eau. La barque fait demi tour, perdus dans nos pensées personne ne parle. Nous revenons sur les berges du Gange et assistons depuis notre embarcation à une cérémonie puja. Il s' agit d'un rituel de vénération, faits de chants et accompagné par un tintement de clochettes et un bruit de cimbales. Nous rentrons à l' hôtel et je dois dire que j' ai eu du mal à trouver le sommeil. A mon sens, inutile de se poser trop de questions ( du genre c' est bien, c' est pas bien, c 'est horrible, etc...) et pour lesquelles il n' y a pas toujours de réponses. Le lendemain matin, dès 5 heures nous retournons au bord d'un ghât afin d' assister au lever du soleil sur le fleuve sacré. Moment ô combien privilégié! Disparue cette impression pesante de la nuit. Le soleil, encore très bas, nimbe les eaux. Beaucoup de monde déjà pour faire les ablutions, prières, lessives. C 'est aussi un lieu de rencontres, les femmes parlent entre elles, les enfants rient. Ce jour là, les bateliers sont en grève, nous n' aurons pas le bonheur d' aller longer les rives du Gange. Après avoir attendu que le soleil lui donne une couleur de feu, nous partons à travers les ruelles de la ville. Notre guide nous fait avancer rapidement en nous demandant de ne pas filmer ou photographier car il s' agit d'un quartier mulsuman et l' ambiance est un peu tendu à cette époque là. Nous arrivons au pied d'un imposant bâtiment lézardé et grimpons l' escalier qui nous mène à une terrasse. De là, nous assistons à une crémation. A perte de vue des monceaux de bois s' entassent et attendent d 'être allumés. Les fournisseurs de bois sont issus des plus basses castes mais sont aussi très riches. Le bûcher est allumé, les femmes n' assistent pas à la crémation. Les flammes s' élèvent, le temps me semble éternel. Ce spectacle est un peu comme un aimant. En même temps un tas de pensées me traverse l' esprit, remise en question sur la vie , la mort... Nous redescendons dans la rue pour retrouver la vie et contents de pouvoir entendre à nouveau les bruits de la ville. Je pense retourner un jour à Bénarès, il faut sans doute apprendre à l' apprivoiser et essayer de la comprendre en toute humilité, si toutefois cela est possible. En tout cas, cette 1ère petite approche, me permet, de temps en temps, de relativiser, et m' aide un peu dans des moments difficiles, comme chacun peut en rencontrer.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Lever de soleil sur le Gange

2

Les ghâts de nuit.

3

Découvrir les scènes de rues et vie quotidienne.

Conclusion

Et au final.

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