Comment ça s'est passé.
Ce séjour, nous le voulions calme, fait de ballades en forêt, avec une douce chaleur printanière où les senteurs florales et de sapins se mélangent pour nous emporter et, nous dégager de la pollution des villes qui nous encombre. Sur internet, j'ai donc cherché un endroit calme et paisible et pour changer, une chambre d'hôtes, acceptant les chiens. Après quelques prospections, je me suis arrêté sur la ferme des quatre vents, sur la commune de Bussang, au cœur du Parc naturel régional des Ballons des Vosges. Un échange de mails et une confirmation de réservation plus tard, nous étions psychologiquement déjà en vacance. Avant de Partir, je me suis renseigné des conditions climatiques pour la durée de notre séjour. Et là, surprise, neige pour pour le trois-quart de nos vacances. Changement de programme, on court au magasin de sport le plus près pour s'équiper de doudounes, de vêtements chauds et de bonnes chaussures de marche hermétiques. Nous voilà équipés pour affronter le froid. Nous avons quitté Paris, avec son ciel gris plombé pour Bussang et son ciel blanc crème. Cinq heures de route plus tard, nous sommes sous la neige sur la place du village. Le GPS m'indique encore 2Km5, pour arriver à la ferme des 4 vents. La neige recouvre rapidement tous les reliefs du paysage et de la route. Nous nous engageons donc courageusement sur ces quelques milliers de mètres. La neige s'accumule sur le pare-brise, les essuies glaces peinent à dégager une fenêtre de vision. La Clio, en première, gravie la route péniblement. 1km, la désillusion, les chaînes était obligatoires et là nous nous en sommes rendu compte. La neige damée par les pneus "contact" des riverains et la forte inclinaison de la route, nous ont poussé à faire un demi tour glissade vers la place du village et son parking. J'ai quelques notions de conduite sur neige, mais là sans chaînes et sans pneus "contact"; je me suis résigné. Sur la place du village, un petit appel discret à notre hôtesse pour lui dire que, non sans avoir essayé, nous ne pouvions pas grimper le col. Cinq minute plus tard, un 4x4 noir conduit par un petit bout de femme, d'une immense gentillesse, se gare à coté de notre petite Clio sous équipée. Les bagages rangés dans le grand coffre du 4x4, nous voilà entrain de gravir les 2km de neige damée et de glace. L'accès à la ferme se fait par une petite voie bordée de sapins au milieu des prés. L'immense ferme vosgienne date du 19ème siècle. Carole l'a restauré et, aménagé le rez-de-chaussée en gite et chambre d'hôtes. La chambre "Coquelicot" fait une trentaine de mètres carré. Décorée avec goût, la chambre ést aménagée de meubles en épicéas pour la partie couchage et d'un petit salon détente de style 19ème à l'entrée. La salle de bain, fut pour nous une grande surprise. Habitués des hôtels 2 et 3 étoiles, nous nous attendions pas à trouver un équipement balnéo dans une chambre d'hôtes. Notre séjour s'annonçait sous les meilleurs auspices. Notre première journée dans les Vosges. Il était 16h lorsque nous avons pris congé de notre hôtesse après lui avoir confirmé notre réservation pour le repas du soir et chaussé nos chaussures de marches. La neige a cessé de tomber, et nous voilà partis faire une petite marche avec notre chien (Jack russel terrier/JRT). Le chemin est recouvert de neige, nous sommes seuls à nous promener dans cette merde blanche comme disent lascivement les vosgiens. 1km, 1km5 sur le même versant, pour nous chauffer les muscles; puis nous sommes rentrés pour 19h. Une douche et nous voilà devant une raclette entourés de notre hôtesse, de Roger (alias "Papy", ancien de Bussang et ami de de notre hotesse, Carole) et de touristes belges fort sympathiques. Une ambiance familiale. Les fromages vosgiens remplacent la raclette savoyarde, les charcuteries vosgiennes se substituent allègrement à leurs sœurs de Savoie. Une soirée familiale, bonne enfant, arrosée de vin alsaciens. Une bonne nuit de sommeil. Réveillés par la réverbération du soleil dans la neige, pointant à travers les rideaux. Un petit déjeuner copieux confectionné par Carole, et nous voilà partis en randonnée. La neige a cessé de tomber, le paysage est d'un blanc immaculé. Les sapins ont l'air d'avoir été saupoudré de sucre glace. Notre descente de la ferme au village fut rapide, ponctué quand même de quelques clichés pour immortaliser ces paysages. Notre hôtesse descendue faire les courses au village. Nous voyant sur la place du village avec notre JRT frigorifié, se proposa de nous le garder pour la journée. Une crème d'hôtesse, Carole. Un saut à l'épicerie pour se ravitailler, nous voilà partis pour notre première rando de 6km, direction la station de ski "la Bouilloie". Une ascension, dans le froid ponctuée de tempêtes de neiges sur des routes et chemins dont l'inclinaison à 6 -10%, nous faisaient peiner. Après 3h de marche depuis la place du village, nous étions arrivés. Il était 14h. L'hôtel-restaurant et la station étaient fermés, nous étions au courant de cette fermeture. Nous étions montés pour la vue et pour un décrassage bronchique de notre pollution parisienne. Les sandwichs dans le sac nous criaient leur désir de se faire avaler, ou se n'était juste notre faim qui se manifestait. Le restaurant fermé, mais ses tables et bancs dehors nous paraissaient tout à fait adéquat pour nous restaurer. Avant de dégager la neige d'une table et d'un banc, je décida par courtoisie de frapper à la porte de l'établissement, afin de demander l'autorisation de nous installer en terrasse. Après quelques tocs sur la porte vitrée, une femme apparue dans la pénombre de l'entrée. Voyant notre détresse et notre bienveillance, elle nous invita à entrer et, à nous restaurer dans la salle de son restaurant. Nos casse-croutes engloutis, un café brulant, un thé frémissant et un brin de causette avec la propriétaire des lieux. Nous voilà repartis pour la descente vers le village et, la remontée vers la ferme. Au pays des cascades et des torrents, je voulais au moins en voir une, dans son habit de glace et de neige. Je me renseigna donc auprès de la propriétaire du restaurant. Elle nous conseilla la cascade de l'ours, sur le chemin de notre descente en passant par l'ancienne route. Ce qui, nous dit-elle nous ferait gagner 30min de marche. Nous voilà partis pour la cascade. Une dune de neige d'un mètre barrait l'accès à l'ancienne route, Qu'à cela ne tienne ! La dune passée, nous avions de la neige à mi-genou, de la bonne poudreuse à raquette, mais là sans raquette. Qu'à cela ne tienne ! On avance, cent, deux cents, trois cents mètres, toujours de la neige au genou. Heureusement que nos chaussures de marche étaient quasiment hydrofugées. L'eau ne pénétrait pratiquement pas. Huit cents mètres, et voilà la cascade. Enterrée sous la neige, un filet d'eau était visible. Grande déception pour ma part. La neige s'accumule et s'accumule, mais la route n'est toujours pas en vue. C'est l'enfer blanc de Jack London. Notre chemin blanc, nous fait passé sous la piste de luge en béton, dont l'utilisation est interdite par arrêté. Quatre cents mètres encore et la route est en vue, notre calvaire est fini. Le reste du trajet vers la place du village fut rapide et agréable; comparé à notre ascension et notre descente dans l'enfer blanc. La montée vers la ferme mit nos mollets à rude épreuve, après cette journée de marche. Douche, diner-sandwich et au lit. Une nuit de fatigue. Notre troisième jour, fut moins sportif. Notre petit déjeuner engloutit, une matinée luge pour profiter du prés de notre hôtesse. 12h00, nous voilà en descente vers le village avec notre JRT dans le sac à dos habillé d'une veste spécial hivers, généreusement prêté par Carole. Une visite à la location de skis et à ses propriétaires sympathiques. Nos skis de fond sur l'épaule, retour sur la place du village. Un repas frugale rapidement engloutit et nos skis de fond chaussés. Nous voilà sur la voie verte de Bussang, non damée. Une petite rando de 2 km dans la poudreuse, par moment damée. Glissades et chutes amortis par la poudreuse. Une journée de sport qui se clôture en courbatures et contractures, déliées par une petite ballade en voiture sur la N66 en direction du Thillot. Remontée à pied à la ferme, pour le diner choucroute concoctée par notre hôtesse. Encore une bonne soirée. Dernier jour de vacance, la neige commence à fondre et fait grossir les ruisseaux et torrents de montagnes. Cette journée est dédiée aux visites, fermes, confiseries, paysages..... . Nous commençons nos visites par la ferme de Bennevise à RUPT SUR MOSELLE, où nous avons pu apercevoir la fabrication du munster et du petit gris. A notre grande déception, les règles d'hygiène étant draconiennes, les munsters sont affinés en chambres froides. J'aurais tellement aimé voir une vrai cave d'affinage, voutée en pierre. Retour sur la route, direction, Gérardmer et son Lac. Il neige, les cols s'enchainent dont le plus haut que nous ayons franchi, culmine à 953m. Nous arrivons à Gérardmer par la D486, la route surplombe le lac dont le gris clair se confond avec le ciel gris blanc. Un petit tour dans la ville, un petit tour du lac en voiture Le froid, nous ayant interdit d'en faire le tour à pied. Nous avons tenté d'atteindre la commune la plus haute des vosges, le haut du tot. Mais la déneigeuse ne connaissait sans doute pas cette commune, vu la neige et le verglas, 4km après notre ascension. Un déjeuner rapide, nous voilà repartis pour assister à la confection des bonbons des vosges, à la confiserie Bressaude, de la Bresse. Une boutique où les parfums se mélangent, parfums d'enfance, parfums vosgiens. Des couleurs, des goûts, senteurs, des formes, nous en avons plein les yeux. Les papilles et les narines s'éclatent. Un jeune animateur-confiseur, nous fait découvrir son métier et la confection des fameux bonbons des vosges. Une heure et demi plus tard, la démonstration finie et nos achats en sachets. Nos papilles vont réellement s'éclater à présent. Sur le chemin du retour, nous cherchions un apiculteur afin de lui acheter un succulent kilo de miel, mais en vain. Ils étaient tous cachés, dissimulés par la neige. Nous sommes donc repartis, un peu déçus, de n'avoir pu acheter de miel auprès d'un récoltant. Nous en avons quand même acheté un bon kilo, dans la boutique de la ferme du Bennevise. Situé contrairement à la ferme dans le village. La nouvelle route à fait perdre à la ferme près de 72% de CA, car elle dévie les voitures et les touristes de la ferme et de ses bonheurs gastronomiques. Sur le chemin du retour, en passant à Saint-Maurice sur Moselle. Le Ballon d'Alsace sur fond de ciel bleu, nous invita à le rencontrer. Les premiers kilomètres furent faciles mais arrivé au quart du trajet, nous avons dû rebrousser chemin, la neige nous barrant la route. Retour à Bussang, nous avons terminé nos achats, dans la crémerie du village. Crème de munster aux noix, crème de myrtilles, sirop de bourgeon de sapin, saucisse fumée etc..... tout pour notre plaisir gustatif. Dernière nuit, et dernier diner à la ferme en compagnie de Carole et de Roger. Un réveil lumineux, la neige fond doucement. Notre dernier petit déjeuner. Les bagages montés à l'arrière du 4x4, nous redescendons au village avec Carole et Papy. Bussang étant une ville thermale réputée du début du 20ème siècle. Carole nous a conduit à la source Marie, afin de nous faire gouter l'eau de la source. Légèrement pétillante et ferrugineuse, dont la force est de lutter contre l'anémie. Un dernier adieu devant une tasse de café brulant, au bar du village. Notre retour fut ponctué par deux arrêts, un à Vittel et l'autre à Contrexéville. Villes thermales emblématiques, dont nous ne pouvions pas déroger à la visite d'usage. 5h30 de route et retour à Paris, pluie et pollution. Une idée en tête, notre prochain séjour dans les Vosges, chez Carole.
Les bons plans repérés sur place.
Bussang
Vosges
Ballon d'Alsace
Et au final.
Un super séjour, un village agréable, de superbe ballades en été en perspective, et une station de ski familiale. Les Vosges sont une destination à découvrir et à redécouvrir. La ferme des 4 vents. Carole et sa ferme sont accueillant et chaleureux, une vrai ambiance familiale.