Comment ça s'est passé.
Voilà, avec Colmar se termine mon périple en Alsace. Avec près de 70 000 habitants, Colmar, qui est placée au carrefour des voies de communication de la vallée rhénane, ouvrant sur les transversales qui franchissent Rhin et Vosges, est le chef-lieu du département du Haut-Rhin. Cette jolie ville, typique des images de Hansi, capitale des vins d'Alsace, a su garder son cachet, en particulier médiéval avec sa collégiale gothique, son koifhus, ses maisons à colombage des XIVe et XVe siècles,.. Située au centre de l’Alsace, entre les deux autres grands pôles industriels que sont Strasbourg et Mulhouse, Colmar est une étape incontournable. La ville, de taille moyenne, possède de très nombreux monuments et ses quartiers typiques sont particulièrement beaux et bien mis en valeur. Aujourd’hui, la ville est le troisième pôle d’Alsace, et a la réputation d’être une ville calme et bourgeoise. Le climat Alsacien est semi continental. L'hiver y est rigoureux et les étés très chauds. Les précipitations sont faibles (Colmar est la ville la plus "sèche de France"), les Vosges protégeant la région contre les intempéries. Hélas, j'ai dû choisir le seul jour de l'année où il pleut. HISTOIRE DE COLMAR Le premier document écrit mentionnant Colmar est daté de 823, quand Louis le Pieux fait don d’un domaine dans la région de Columbarium, à l’abbaye de Munster. La région est alors probablement occupée par quelques domaines fermiers. La commune se développe progressivement et accède au statut de ville au début du XIIème siècle, sous la suzeraineté de l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen. C’est à cette époque que commence à s’installer diverses communautés religieuses, telles que les Franciscains, les Dominicains et les Augustins. En 1354, naît la Décapole, association de dix villes impériales d’Alsace, qui a pour but de défendre les privilèges et le statut des villes d’Empire et d’assurer leur sécurité. Cette ligue a perduré jusqu’à la Révolution française. C’est aussi à cette époque que s’affirme la domination des bourgeois sur la gestion de la ville au détriment des nobles. au Moyen Age : Colmar, de son premier nom Columbarium (colombier), a été émancipée par Frédéric II, empereur du Saint Empire romain germanique, au XIIIe siècle. De ce fait, la cité pouvait tenir son marché puis posséder un conseil ainsi qu'un Schultheiss (prévôt) et quatre Stettmeister (bourgmestres). Comme toutes les villes médiévales, elle était entourée de remparts construits successivement, qui englobèrent les différents quartiers de la ville (cf. mur de l'École Nationale de musique, boulevard du Champ de Mars). Plusieurs ordres monastiques ou de chevalerie se sont installés en ville au courant des XIIe-XIIIe siècles : l'ordre hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, les franciscains (église Saint Matthieu), les dominicains (église des dominicains et bibliothèque municipale), les augustins. Les couvents de soeurs comme les soeurs d'Unterlinden (actuel musée Unterlinden) restèrent hors des murs. C'est à cette époque que débuta la construction de la collégiale Saint Martin (1234). En 1354, Colmar devient membre de la Décapole, alliance des dix villes impériales libres d'Alsace (Turckheim, Rosheim, Wissembourg...) Ces cités se prêtèrent serment mutuel d'aide et d'assistance à une époque tourmentée où les guerres étaient monnaie courante. L'age d'or de la Renaissance : Depuis 1358, le gouvernement de la ville était désormais entre les mains des Bourgeois et les Zünfte (corporations) allaient pouvoir afficher toute leur puissance. Le commerce était roi à Colmar : le vin, les draps, l'orfèvrerie, les peaux,... Comme marques de cette époque florissante, il nous reste la rue des marchands, les riches demeures des Bourgeois comme la maison Pfister (1537), la maison des Têtes, l'hôtel Henselin (rue des Juifs) et les maisons à colombage plus modestes comme celles de la rue des marchands. Les XVème et XVIème siècles furent donc l’âge d’or de la ville. Il s’y construit de magnifiques bâtiments et la ville connaît la fortune par ses marchands, mais aussi par son activité agricole. La réforme s’installe sans heurts à Colmar en 1575. Colmar, ville française : Mais la guerre de Trente Ans (1618-1648) est à l’origine de grands bouleversements. Elle ruine la ville, qui se met alors sous la protection de la Suède, puis de la France. Colmar devient protestante (luthérienne) et se trouve projetée, comme toute l'Alsace, au coeur de la Guerre de Trente Ans. Après la guerre, la ville cherche à retrouver son indépendance, mais Louis XIV maintient son emprise. Le 6 janvier 1675, après sa victoire sur les Impériaux à Turckheim, Turenne entre à Colmar. Colmar doit céder et devient ville royale en 1678 par le traité de Nimègue, tout en gardant certains de ses privilèges. La ville devient peu à peu française….. Toutes les villes de la Décapole deviennent "villes royales françaises". En 1698, le Conseil Souverain d'Alsace (aujourd'hui palais du Tribunal de Grande Instance) est transféré à Colmar qui devient de ce fait capitale judiciaire de l'Alsace. A côté d'une civilisation tournée vers les pays germaniques, la culture française est introduite à Colmar. Voltaire, lorsqu'il y séjourna en 1753-1754, ne fréquenta presque que des juristes du Conseil Souverain. Il qualifiera d'ailleurs la cité de "ville mi-allemande, mi-française, et tout à fait iroquoise. Par ailleurs, le commerce s'y développe de plus en plus, la ville connaît une forte croissance démographique et sort de ses murs fin XVIIIe début XIXe siècles. En 1800, Colmar continue à croître et devient préfecture du Haut-Rhin et siège de la Cour d'Appel. C'est l'époque du général Rapp, héros napoléonien, puis de l'amiral Bruat. La ville vit à présent au rythme des événements français : les différentes révolutions, l'Empire, les différents rois. L'Alsace dans la tourmente : C'est alors que survient la guerre de 1870 et l'annexion de l'Alsace à l'Allemagne. Colmar devient alors un foyer d'opposition (à l'Allemagne) typique des caricatures de J.J. Waltz (Hansi). Par ailleurs, fin XIXe-début XXe siècles, de nouveaux quartiers s'ajoutent à la ville : à l'ouest, le quartier Saint Joseph (église néogothique illuminée la nuit), à l'est le quartier ouvrier du Grillenbreit (actuellement l'Université), au sud les villas bourgeoises du Millionarviertel ou quartier résidentiel (où de belles maisons de maîtres subsistent). Colmar redevient française en 1918, allemande en 1940 et finalement, le 2 février 1945, la ville est libérée suite aux combats de la "Poche de Colmar" par la 1ère Armée Française. En 1870, la ville et la région sont cédées à l’Allemagne à l’issue de la guerre, avant de redevenir française en 1918. La ville refait un passage sous domination allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale. Que voir à Colmar ? Ancien couvent des Dominicains d'Unterlinden : Mis en chantier en 1252 et terminé en 1289, avec des extensions au XVIIIe siècle, il abrite actuellement le musée Unterlinden. Dès les premiers jours de la Révolution, la municipalité de Colmar revendiqua la propriété du couvent et en 1792, les soeurs en furent expulsées et le couvent transformé en caserne, écuries, magasin, atelier. Alors que les bâtiments étaient voués à la destruction, la Société Schongauer (fondée en 1845), les reprit et y installa son siège et le musée. Elle en entreprit d'ailleurs les travaux de réfection. Le cloître, composé de 54 arcades, est considéré comme le plus bel ensemble alsacien avec ses élégantes colonnettes rondes surmontées par des rosaces à quatre feuilles. Couvent des Dominicains : Ce couvent est actuellement partagé entre l'église des Dominicains sur la place du même nom et la bibliothèque municipale installée dans les bâtiments conventuels. En octobre 1278, les dominicains prennent officiellement possession d'un terrain qu'ils viennent d'acquérir près des remparts. Une première église est achevée aux environs de 1291 mais l'église actuelle date, elle, du XIVe siècle (achevée vers 1350). Après un incendie, des destructions, des modifications, elle est transformée en halle aux blés en 1807. Les vitraux sont d'époque et illustrent pour l'essentiel "la route de l'ordre des dominicains". L'église sert actuellement d'écrin au magnifique tableau réalisé par Martin Schongauer vers 1473 : La Vierge au buisson de roses. La bibliothèque municipale siège donc dans les anciens bâtiments conventuels du couvent. Certains datent du XVe siècle, d'autres ont été reconstruits entre 1733 et 1742. La bibliothèque abrite actuellement 1100 manuscrits et 3000 incunables et l'on peut déambuler avec plaisir par de lourdes journées d'été dans la fraîcheur du cloître verdoyant. La collégiale Saint Martin : Construite en plusieurs fois, le chantier initial débute vers 1100 avec un temps d'arrêt à la fin du siècle. Il se poursuit au XIIIe siècle dans un style alors gothique. En 1234 est fondé le chapitre de chanoines qui relance aussitôt la construction. Un architecte, maître Humbret, a marqué ce chantier dont il prit la direction vers 1245 (inscription sur la collégiale). La façade occidentale, d'architecture sévère, est couronnée d'une seule tour (à l'origine, elle était prévue à deux tours). L'édifice est de toute beauté avec l'utilisation de grès aux tons chauds et très divers, allant du jaune clair au violet. A l'intérieur de la collégiale, la nef centrale compte 5 travées et un narthex. C'est le choeur qui forme la grande particularité de l'église avec sa galerie "déambulatoire" qui s'ouvre sur plusieurs chapelles abritant des pierres funéraires. Les orgues ont été réalisés en 1980 par la manufacture Freytag de Felsberg (Suisse) mais le meuble de l'instrument réalisé par Jean André Silbermann date de 1755. L'église est souvent désignée sous le titre de cathédrale, car sous la Révolution, le Haut-Rhin fut un diocèse à part entière et Colmar son évêché. Rue des prêtres, on retrouve la maison où vécut le collège de chanoines (d'où le nom de collégiale) qui officiaient à Saint Martin (date sur la porte). Le Temple Saint Mathieu : Actuelle église protestante Saint Mathieu, ancienne église des Franciscains, elle est considérée comme l'une des plus belles réalisations gothiques en Alsace, même si l'église est particulièrement dépouillée, répondant ainsi aux critères qui conviennent aux ordres mendiants. L'édifice date du XIIIe siècle, achevé vers 1335, alors que les bâtiments conventuels de l'ordre des franciscains ont été construits vers la fin du XIVe siècle. Suite aux épidémies de pestes du XVIe siècle, ces derniers sont vendus à la ville afin d'y établir un hospice. Puis, en 1582, le sanctuaire devient église paroissiale réformée (luthérienne) et sert en même temps de chapelle de l'hôpital. La nef, protestante, est alors coupée du choeur par un mur et on ajoute un clocheton à bulbe sur le toit. Saint Mathieu devient une église simultaneum, dans laquelle on pratique et le culte catholique, et le culte protestant. D'ailleurs, lorsqu'on regarde l'église depuis la place du 2 février, apparaissent nettement les deux clochetons qui couronnent nef et choeur, rappelant l'utilisation du bâtiment en tant qu'église simultanée. Le choeur catholique a été rendu aux protestants en 1937 et les derniers vestiges de l'ancien couvent rasés. La restauration de l'église s'est achevée en 1999 et elle accueille chaque année, la première décade de juillet, le Festival International de Musique de Colmar, preuve de l'excellente acoustique de ce lieu qui possède d'ailleurs des orgues réalisés par André Silbermann (1732). A noter : toiles illustrant des scènes bibliques datant du début du XVIIIe siècle. Ancienne église Saint Pierre : Cette église datant du XVIIIe siècle est l'ancienne chapelle du collège des Jésuites, sis à côté, actuel lycée Bartholdi. Elle ne peut malheureusement être visitée mais des concerts de l'été musical colmarien y sont organisés les jeudis soirs d'août et de septembre (excellente acoustique). Le Koifhus ou Ancienne douane : Cette imposante construction a longtemps symbolisé le coeur politique et économique de la cité. Achevée en 1480, elle jouait un double rôle, servant d'une part au stockage et au contrôle des marchandises qui entraient dans la vie, d'autre part d'hôtel de ville. C'est ici qu'était prélevé le Zollgeld (droits de douane). Un bras de rivière, qui ensuite rejoignait la Lauch (nom de la rivière traversant Colmar), passait juste derrière le bâtiment et permettait de charger ou décharger les barques. Le Koïfhus a cessé d'être utilisé comme mairie en 1810. Il reflète l'opulence de la cité au seuil de son âge d'or. Cet édifice mérite d'être observé sous toutes ses façades, de la grand'rue, de la place du Marché aux Fruits comme de la place de l'Ancienne Douane. Corps de garde (place de la Cathédrale) : Datant de la fin du XVIe siècle, il s'élève à l'emplacement de la chapelle Saint Jacques qui servait d'ossuaire à l'ancien cimetière Saint Martin. C'est un splendide bâtiment Renaissance, servant de logis au chef des gardes et de local à la garde bourgeoise. Sous les arcades ouvertes furent établis divers marchés. La maison Pfister : Édifiée pour le chapelier Louis Scherer qui avait fait fortune dans le négoce du minerai d'argent extrait des mines de Sainte Marie en 1537. A la fin du XVIe siècle des modifications y sont apportées comme l'escalier en colimaçon, la porte Renaissance ou les peintures extérieures. En fait, cette maison résume un siècle d'architecture d'où son intérêt. Cette maison porte le nom des propriétaires des lieux de 1841 à 1892. La maison Adolph : Vraisemblablement la plus ancienne maison de Colmar (environ 1350). Elle possède par ailleurs des fenêtres gothiques similaires à celle de la collégiale. La maison des Têtes (rue des Têtes) : Cette maison est certainement la plus célèbre des maisons de Colmar. Elle reflète la richesse du marchand Anton Burger qui la fit construire en 1609 mais de façon plus générale l'aisance de cette bourgeoisie marchande de l'âge d'or (XVIe siècle). Ici le gothique finissant se marie avec l'art de la Renaissance. On admirera d'ailleurs les nombreuses sculptures de l'édifice. Sur le pignon, le tonnelier alsacien, oeuvre d'Auguste Bartholdi, évoque l'ancienne Bourse aux vins, propriétaire du lieu depuis 1898. Actuellement, cet édifice est occupé par un hôtel restaurant. Le quartier des Tanneurs : Non loin du Koïfhus, cet îlot de maisons d'artisans du XVIe siècle, était placé sur le canal des moulins qui quittait la ville, pour éviter la pollution et les mauvaises odeurs du traitement des peaux. Ces demeures à colombage ont leur toiture ouverte pour faciliter la circulation d'air en vue de faire sécher les peaux. La Petite Venise : C'est sans nul doute le quartier le plus romantique de Colmar. Son nom évoque sans doute le souvenir des canaux et par les embarcations des maraîchers, les gondoles de Venise. On peut voir depuis le pont d'anciennes maisons de bateliers et d'anciens lavoirs qui se reflètent dans l'eau. Des promenades en barque à fond plat sont organisées de juin à septembre et toute l'année sur réservation. Hôtel de Ville : Construit au XVIIIe siècle pour les religieuses de l'abbaye de Pairis, cette demeure fut immédiatement placée sous séquestre lors de la révolution. Elle devint préfecture puis hôtel de ville en 1866. L'architecture est relativement austère et reflète la mode colmarienne du XVIIIe siècle comme l'ancien hôpital situé place du 2 février (actuel IUT). Musée d'Unterlinden : Implanté dans l'ancien couvent des Dominicaines, il est célèbre en partie pour le Retable d'Issenheim conservé dans le choeur de la chapelle. En réponse aux douleurs occasionnées par le "mal des ardents" maladie provoquée par l'ergot du seigle et soignée par les chanoines d'Issenheim, ce retable représente, de façon écrasante, la douleur du Christ, mais aussi la sérénité de la Résurrection. Les peintures sont de Mathias Grünenwald et les sculptures vraisemblablement de Nicolas de Haguenau, sculpteur strasbourgeois (fin XVe-début XVIe siècle). Les visiteurs peuvent également admirer des oeuvres anciennes de Martin Schongauer ou Lucas Cranach, des peintures modernes de Monet ou Poliakoff, des objets archéologiques ou d'art décoratif. L'église des Dominicains (musée) : Il abrite actuellement la Vierge au buisson de roses (1473) tableau de Martin Schongauer, peintre et graveur colmarien de la fin du XVe siècle. Un retable accueillant l'oeuvre a été réalisé au XIXe siècle et rappelle la structure des retables de la fin du gothique. Musée Bartholdi : Ce musée est installé dans la maison natale de Frédéric Auguste Bartholdi (1834-1904), célèbre pour son oeuvre ,la statue de la Liberté. Une salle est consacrée à cette oeuvre et à sa genèse, une autre aux divers monuments conçus par le sculpteur comme le Lion de Belfort. .Musée d'Histoire naturelle et d'Etnographie : Il est installé dans un bâtiment du XVIe siècle qui abritait l'Hôtel de Ville au siècle dernier. Ses collections de zoologie, minéralogie, ethnologie et égyptologie, permettent entre autres au visiteur de découvrir le patrimoine régional (faune et flore). Musée animé du jouet et des petits trains : Ce lieu est féerique. Les petits comme les grands y côtoient les automates, les chevaux de bois d'époque, les maquettes automobiles, les poupées de toutes sortes, les marionnettes, ... Espace d'art contemporain André Malraux : Rue Rapp) Cet endroit accueille des expositions non permanentes du FRAC (Fond Régional d'Art Contemporain). Et enfin, la statue de la liberté de Bartholdi : Inaugurée en 2004 à l'occasion du centième anniversaire de la mort d'Auguste Bartholdi, le créateur de la statue new-yorkaise, cette réplique est un hommage rendu à ce Colmarien devenu célèbre dans le monde entier. Si vous n'avez pas l'occasion de traverser l'Atlantique, profitez au moins de celle-ci !
Les bons plans repérés sur place.
petite venise
maison des têtes
statue de la liberté
Et au final.
bien mais dommage qu'il pleuvait