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Les murailles de Rome.

La première enceinte de Rome, le mur Servien, a été construit vers 378 av. J-C, suite à l'invasion gauloise de 390. Il n'en reste pas grand'chose, sauf un segment devant la gare Termini, et quelques pierres au sous-sol,…

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CRL-EBCI
Publié en 2022
2 jours5/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

La première enceinte de Rome, le mur Servien, a été construit vers 378 av. J-C, suite à l'invasion gauloise de 390. Il n'en reste pas grand'chose, sauf un segment devant la gare Termini, et quelques pierres au sous-sol, près du McDo. Rome est menacée par les barbares Alamans en 271 de notre ère, et l'empereur Aurélien fait bâtir une nouvelles enceinte, qui, elle, existe encore en grande partie. C'est un mur en briques : 18 km de long, 381 tours, reliées par un chemin de ronde continu. Beaucoup de munuments existants y ont été incorporés lors de la construction : aqueducs, tombeaux, amphithéâtre, etc. Il a été surélevé, renforcé, et maintenu en service jusqu'au XIXe siècle. Je voulais le voir de près, dans la partie située au sud de la ville. J'ai commencé par la porte San Paolo, par où passait la route menant à Ostie, le port de Rome (métro Piramide). Deux tours rondes et la porte centrale, mais les autos n'y passent plus maintenant. Le bâtiment abrite le musée de la Via Ostiense, avec des maquettes d'Ostia Antica, des plans, photos, vestiges divers. On peut ainsi visiter l'intérieur des tours et monter sur le chemin de ronde, d'où on voit, juste à côté, la pyramide de Cestius. C'est en fait son tombeau (il avait été préteur et tribun du peuple, et est mort en 12 av. J-C). Cette pyramide est haute de 27 m et dans un état impeccable après 20 siècles... Suivant la muraille vers l'Est, on arrive à la Porta Ardeatina, imposante, dépouillée, avec quatre grandes arcades. Cette partie de la ville n'est pas bâtie, c'est la campagne, et par ce beau temps ensoleillé et doux, c'est un vrai plaisir de continuer la promenade. La porte suivante est la Porta San Sebastiano, qui donne passage à la fameuse Via Appia, la plus connue des voies consulaires qui rayonnaient autour de Rome. Dans son état actuel, cette porte date du Ve siècle. Deux tours avec une base carrée en blocs de marbre. La porte abrite le "Museo delle Mura" : nombreuses maquettes, plans, explications sur la construction des remparts aux différentes époques. Ici aussi, on peut monter sur le chemin de ronde entre les deux tours, et aussi parcourir le chemin de ronde couvert, derrière le rempart. Juste derrière la porte se trouve l'Arc de Triomphe de Drusus (mais qui date en réalité du IIe ou du IIIe siècle). Il n'est plus en très bon état, mais impressionne quand même. La porte suivante est la Porta Latina, pas très spectaculaire. Derrière elle se trouve une petite chapelle octogonale, S. Giovanni in Oleo (16e s.), à l'endroit où, selon la légende, Saint Jean a subi sans aucun dommage le supplice de l'huile bouillante (après ce miracle, il a été gracié et exilé à Patmos, où il a écrit son évangile). Le mur remonte alors vers le Nord, dans un quartier urbain fort calme. La Porta Metronia a été agrandie aux 12e et 16e siècles, elle est assez complexe, et parcourue par un important trafic automobile. Et je me suis arrêté à la Porta San Giovanni, grande et massive, construite en 1574 sous Grégoire XIII. La vieille porte voisine, avec ses deux tours rondes, désaffectée depus 1409, est la Porta Asinaria. La Basilique Saint Jean de Latran se trouve juste derrière. C'est officiellement l'église du Pape, qui est l'évêque de Rome, c'est donc la cathédrale de Rome et, partant, du monde ! (Saint Pierre n'est "que" basilique, pas cathédrale). Très ancienne église, la première construction date du IVe s., plusieurs fois détruite ou incendiée, la façade actuelle date du 18e s., l'intérieur du 17e, l'abside du 19e. Intérieur à 5 nefs, somptueux plafond en bois au-dessus de la nef centrale, monumentales statues des douze apôtres; au centre, l'autel papal, où seul le Pape peut célèbrer la messe. Dans le tabernacle qui le surmonte, l'autel en bois sur lequel officiaient les premiers papes, de Saint pierre à Saint Sylvestre. Dans la nef latérale de droite, le cénotaphe de Silvestre II (mort en 1003) dont on dit qu'il fait entendre des bruits d'ossements entrechoqués lorsque la mort d'un pape est imminente ! Rome, c'est ce mélange de l'antiquité, de la religion, de la légende et de la modernité...

Conclusion

Et au final.

Rome est une ville admirable, passionnante, où on découvre de nouvelles richesses à chaque visite.