CarnetFrance2011

Les statues du Parc Monceau

Musiciens et poètes : Parcours de sculptures dans le parc Monceau Le parc Monceau est le jardin le plus aristocratique de Paris. Entouré d'une grille et de riches hôtels privés, a quatre entrées, dont la principale…

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loulette75
Publié en 2011
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Le récit

Comment ça s'est passé.

Musiciens et poètes : Parcours de sculptures dans le parc Monceau Le parc Monceau est le jardin le plus aristocratique de Paris. Entouré d'une grille et de riches hôtels privés, a quatre entrées, dont la principale est celle du boulevard de Courcelles. (au nord). Les trois autres entrées sont formées par l'avenue Van Dyck (à l'ouest.), l'avenue Ruysdaël (au sud.) et l'avenue Velasquez (à l'est).). Les quatre grilles ont été dessinées par Davioud. Le parc Monceau est ainsi appelé du nom d'un village à proximité duquel il a été créé. Il fut créé en 1778 par Philippe d'Orléans,duc de Chartres (le père de Louis-Philippe), sur les dessins de Carmontelle qui s'inspira des jardins à l'anglaise et voulut créer « un jardin pittoresque, un pays d'illusions.. Sous le Second Empire, le parc Monceau est alors transformé après son acquisition par la Ville de Paris en 1860. Le jardin du Second Empire s’inspire des squares et parcs anglais à la mode et répondant à une préoccupation hygiéniste. La transformation du parc Monceau en jardin public s’inscrit ainsi dans le grand projet du Baron HAUSSMANN : faire entrer Paris dans la modernité. Plus de la moitié du terrain est revendue au banquier Pereire, qui y réalise une opération immobilière. Le reste du parc est entièrement remanié en 1861, par Adolphe Alphand, ingénieur en chef du service des promenades et plantations de la Ville de Paris et Jean-Pierre Barillet-Deschamps, jardinier-paysagiste. Alors qu’Alphand ne souhaitait pas la présence de statues dans les parcs, les espaces verts de Paris se peuplent sous la IIIe République de monuments, réunis le plus souvent autour d’une thématique commune. Le parc Monceau, lieu de détente et de repos situé dans un quartier privilégié, est associé à la lecture et à la musique. Il s’anime peu à peu de sculptures, en devenant un jardin dédié aux écrivains, poètes, et compositeurs. Le développement sans précédent de la statuaire, envahissant l’espace public, crée une réaction de rejet qui connaît son paroxysme en 1905. Cette exaspération donne lieu l’année suivante à la fermeture du parc à toute nouvelle concession. Longtemps dénigrés, raillés par Soupault qui parlera, au sujet de la statuaire du Parc Monceau, de «plaisanterie», ces monuments évoquent les figures marquantes de la scène artistique parisienne du 19e siècle. La direction des affaires culturelles de la Ville de Paris entretient à travers la capitale environ 600 statues et monuments commémoratifs qui appartiennent au patrimoine municipal. Ces oeuvres qui, pour la plupart, datent des débuts de la IIIe République, sont le fruit d’une politique active de commande destinée, selon les voeux des élus parisiens, à pourvoir au décor des squares ou de la rue. Parmi elles figurent quelques-uns des chefs-d’oeuvre de la sculpture française : La fontaine des quatre saisons de Carpeaux ou Le Triomphe de la République de Dalou. Le 20e siècle a été plus hésitant dans ce domaine, payant le prix de la rupture entre la tradition académique et le courant moderne. Le parc renferme en outre les statues de : - Guy de Maupassant - Écrivain (1850-1893) Une souscription pour le monument à Maupassant fut ouverte à l’initiative de la Société des gens de lettres en 1893, l’année même de la mort de l’écrivain. Le sculpteur Raoul Verlet fut choisi l’année suivante pour l’exécuter. On hésita alors à placer l’oeuvre au parc Monceau ou sur la tombe de l’écrivain au cimetière du Père Lachaise. Elle fut finalement installée dans le parc en 1897, inaugurant ainsi la série de monuments consacrée aux écrivains et musiciens. L’élégante accoudée au pied du monument incarne à la fois l’héroïne du roman Fort comme la mort, paru en 1889 et une lectrice anonyme, pensive à l’évocation des vies gâchées et des destins brisés décrits dans les ouvrages de l’auteur. - Edouard Pailleron - Ecrivain (1834-1899) à l'est, le monument de Edouard Pailleron, par Bernstamm, près de la porte de l'avenue Velasquez, Edouard Pailleron débuta sa carrière d’écrivain en 1860. Auteur de comédies de moeurs mettant en scène avec esprit la bourgeoisie de l’époque, avec sa pièce Le Monde où l’on s’ennuie, dépeignant la vacuité d’une société conformiste, fut élu à l’Académie française en 1881. Le monument de L.-B. Bernstamm, inauguré en 1907, est également dédié à l’actrice Jeanne Samary. Celle-ci est représentée telle qu’elle apparaissait dans L’Etincelle, autre grand succès joué en 1879. Jeanne Samary était issue d’une famille de comédiens. Sociétaire de la Comédie française, elle incarnait le plus souvent des rôles de servantes. Elle mourra de façon soudaine en 1890 à l’âge de 33 ans. Très populaire et renommée pour sa gaieté, elle a été peinte par Renoir, Carolus-Durand ou Louise Abbéma. L’actrice rend hommage à l’écrivain en décorant le monument d’une guirlande de roses, tandis qu’à ses pieds deux masques symbolisent la Tragédie et la Comédie. La pose dansante de l’actrice, les guirlandes de fleurs et le modelé de la sculpture font de ce monument une oeuvre caractéristique de la Belle Epoque. - Ambroise Thomas - Musicien (1811-1896) Ce monument a pour origine l’initiative des directeurs de l’Opéra, M.M. Bertrand et Gailhard, qui organisèrent en 1896 une soirée de gala afin de réunir des fonds pour honorer la mémoire du compositeur Ambroise Thomas. Celui-ci connut la célébrité grâce à deux opéras : Mignon d’après Goethe en 1866, puis Hamlet, d’après Shakespeare, en 1868. Une fois encore, c’est l’image du créateur en méditation qui est représentée. Il est ici isolé du monde, assis en haut d’un rocher, contemplant en contrebas Ophélie sombrant dans la folie. Il s’agit de l’une des dernières réalisations d’Alexandre Falguière. Celui-ci avait connu la gloire sous le Second Empire avec des réalisations telles que Le Vainqueur de combat de coq, Tarcisus martyr chrétien (Musée d’Orsay) ou Diane (Toulouse, musée des Augustins). À Paris, il réalisa un monument à Honoré de Balzac, square Georges Guillomin, et le monument à Louis Pasteur, place de Breteuil. Le monument à Ambroise Thomas est inauguré l’année même de la mort du sculpteur, en 1900. Monument à Charles Gounod - Musicien (1818-1893) Au sud, le monument de Gounod, par Antonin Mercié, près de la porte de l'avenue Ruysdaël, Le monument à Gounod fut élevé en 1902 grâce à un comité de souscription dont le président était le compositeur Ambroise Thomas, qui bénéficie lui aussi d’un monument dans le parc. Le choix du parc Monceau s’explique par la proximité du domicile de Gounod au 20 place du Général Catroux (anciennement place Malesherbes). La réalisation du monument fut confiée à Antonin Mercié. Le buste du compositeur est entouré de trois figures féminines placées sur une nuée. Elles évoquent les trois opéras les plus connus du compositeur : Marguerite (Faust), Juliette (Roméo et Juliette) et Sapho, chantant les louanges de leur créateur. Parmi les divers instruments de musique qui ornent le piédestal se trouve un orgue. Le petit ange qui en jouait a disparu suite à un acte de vandalisme. Antonin Mercié (1845-1916), était très apprécié pour la facture soignée de ses sculptures. Le sculpteur devint célèbre dès le début de la IIIe République grâce au succès de son Gloria Victis, aujourd’hui conservé au musée du Petit Palais. Alfred de Musset - Poète (1810-1857) Ce monument a été financé par le banquier Daniel Osiris, qui confia le projet à Alexandre Falguière et à Antonin Mercié en 1889, Falguière étant chargé de réaliser la figure de la muse et Mercié celle du poète. Cette collaboration ne se passa pas sans difficultés, ralentissant la réalisation du projet. C’est finalement Mercié qui exécuta la totalité de la sculpture à la mort de Falguière en 1900. Le monument s’inspire du poème La nuit de Mai paru en 1835. Les nuits de Musset relatent un dialogue entre la Poésie, incarnée par la figure de la Muse, et le poète, créateur accablé par ses souffrances. Inauguré le 23 février 1906, le monument fut érigé à l’angle de la Comédie française. C’est la soeur du poète, Mme Lardin de Musset, qui avait réussi à obtenir cet emplacement, non sans donner lieu à de nombreuses critiques. Enlevée en 1964, l’oeuvre est finalement installée au parc Monceau en 1981. Un second monument consacré à Alfred de Musset, Le rêve du poète, oeuvre du sculpteur Alphonse de Moncel, se trouve près du Grand Palais, place du Canada. Frédéric Chopin - Musicien (1810-1849) dans l'angle N.-O., le monument de Chopin (figures de la Nuit et de l'Harmonie), par J. Froment-Meurice; Le monument à Frédéric Chopin resta longtemps à l’état de projet. Les deux souscriptions de 1895 et 1899 réussirent avec difficulté à rassembler les fonds nécessaires pour son exécution. C’est dans ce contexte que le sculpteur Georges Dubois proposa un projet concurrent, moins dispendieux et dont une partie subsiste au jardin du Luxembourg. Ce second projet divisa les membres du comité de souscription et retarda encore l’exécution du monument de Froment-Meurice. Faute d’argent, l’inauguration eut lieu dans le jardin du sculpteur et le monument ne fut installé dans le parc qu’en 1906. La sculpture de Jacques Froment- Meurice représente Chopin au piano, composant la marche funèbre. Aux pieds du musicien pleure la figure de la douleur, tandis que dans le fond, un ange répand des fleurs en s’élevant. Jacques Froment-Meurice (1864-1948) était issu d’une famille d’orfèvres renommés. Sculpteur et graveur en médaille, il collabora avec son père à la réalisation de pièces d’orfèvrerie. Le plâtre original du monument du Parc Monceau est conservé à Paris, dans le jardin d’hiver du musée de la Vie romantique.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

statue de Chopin

2

grilles d'entrée

3

statue Pailleron

Conclusion

Et au final.

très belle journée de découverte