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Martinique - Décembre

Notre fille nous dépose à la gare de Saint-Brieuc le 12 décembre 2007. Il fait froid ce mercredi matin, très froid. On embrasse tendrement notre fille que nous laissons seule et livrée à elle-même (elle a 19 ans kô…

SA
sabledumonde
Publié en 2021
15 jours3/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Notre fille nous dépose à la gare de Saint-Brieuc le 12 décembre 2007. Il fait froid ce mercredi matin, très froid. On embrasse tendrement notre fille que nous laissons seule et livrée à elle-même (elle a 19 ans kô même) pendant pratiquement 3 semaines. Nous arrivons à la gare Montparnasse. Il fait froid dans cette gare, très froid. Heureusement, mon mari et moi sommes chaudement habillés : baskets, grosses chaussettes et doudoune. Nous cherchons un taxi qui doit nous déposer à Orly. Après vingt minutes d’attente dans le froid glacial, un taxi arrive et nous voilà partis. Un monsieur charmant qui connaît bien la Bretagne. Il nous en dit que du bien. Merki Monsieur le taximan ! Arrivés à l’aéroport d’Orly, c’est l’enchantement ! Un va et vient infernal. Ceux qui rentrent de vacances avec le teint halé et les veinards comme nous sui vont partir. Certains sont paniqués, certains sont calmes. Nous faisons parti des calmes puisque nous allons partir ! L’enregistrement des bagages est horriblement long. On attend avec une infinie patience… Quelques personnes tentent de passer avant les autres. Mais bordel pourquoi ça, on va tous y être dans cet avion. Un groupe déchaînés de 10 personnes au moins passe devant tout le monde ! Rhoooooo ! C’en est trop ! Personne ne dit rien mais ce manque de respect m’insupporte vraiment. Alors… je râle ! disant à ces personnes que nous attendons depuis pratiquement 2 heures. Nathalie garde ton calme ! L’enregistrement des bagages est enfin terminé, nous voilà tranquilles. Pourvu qu’ils mettent les bagages dans le bon avion ! Nous traînons nos baskets dans les grandes salles de l’aéroport, observant les uns et les autres. On a déjà repéré les personnes qui prendront le même avion que le nôtre. Je me mets à penser : « pourvu que je ne sois pas à côté de celui-là ou de celle-là. Elle, il n’a pas une tête très sympathique et surtout pas très souriant pour quelqu’un qui part en vacances. Je reste impressionnée par ce mouvement de foule, une vraie fourmilière. Mais où vont-ils donc tous ? Quelle curieuse je suis mois alors ! L’heure de l’embarquement approche ! Nous voilà dans le gros n’avion ! toujours impression d’être dans cette grande boîte volante ! Chacun range ses petites affaires. On se regarde, on se sourit. On attend ! On attend ! On attend encore car le pilote nous annonce quarante minutes d’attente car 3 personnes sont priées de quitter l’avion car il cause un désordre ! Ils sont ivres morts. Vous me direz : « mais que nous raconte Nathalie, il ne faut pas 40 minutes pour virer 3 types d’un avion ! « Ben si, les amis, car il faut retirer les bagages de ces types là qui sont depuis longtemps en soute. Eryck, imagine un peu dans quel état je suis ! Grrrrrrrrrrrrrrr ! Nathalie reste calme, reste calme. Me voilà installée à l’arrière du bolide. Mon mari est à ma droite près de l’allée (comme ça il ne dérange personne quand il veut aller faire son p’tit pipi !). A ma gauche, près de l’hublot, une personne est installée… mais non les filles, ce n’est pas Brad Pit ni même Georges Cloney… c’est une des personnes avec qui je m’étais engueulé à l’enregistrement des bagages, vous savez celle qui voulait passer avant tout le monde. Pas un regard ! Je me dis houlala 8 heures de vol, ça va être plutôt difficile. Chacun s’installe dans son maigre espace réservé. On sort les petits mots croisés et les sudoku car la route va être longue. Me voilà installée. Je m’apprête à attaquer ma 1e grille de sudoku (force 3 kô même !), mon stylo tombe. En me baisant pour le récupérer, je cogne malencontreusement le coude de la personne qui est à côté de moi. Bien élevée, je m’excuse. Et là, cette personne me dit : « Ecoutez chère petite madame, je sais qu’on s’est chamaillé tout à l’heure à l’enregistrement des bagages mais nous avons quand même 8 heures de vol à faire ensemble, on ne va pas se faire la tête pendant 8 heures quand même ! » .Les excuses faites, nous voilà parties toutes les deux pour 8 heure de papotage. Elle rentrait en Martinique pour le décès de son père. 8 heures à papoter, je peux vous dire que j’ai salivé ! Oups ! Obligées de demander à une hôtesse de nous servir à boire ! Hein les filles, vous savez ce que c’est quand on commence à discuter entre nous ! J’ai assuré à cette personne que j’aurais une vive pensée pour elle le vendredi, jour où elle allait enterrer son cher papa. Lorsque nous avions été en Guadeloupe l’an dernier, nous avions pu observer quelques instants des personnes qui venaient d’enterrer l’un des leurs. Nous étions bien évidemment à l’écart de cet événement pour respecter leur douleur. Nous étions stupéfaits de voir comment ils étaient habillés. Les hommes avec leurs costumes noirs, leurs costumes gris et leurs chemises blanches. Les femmes avec de belles robes et les enfants tout aussi élégants. Les petites filles avaient des fleurs dans les cheveux. Ils étaient très souriants. J’avais donc posé la question à cette femme qui allait enterrer son père en Martinique si cette « tradition » était identique en Martinique et elle de me répondre que pour eux, l’événement n’est pas si dramatique que cela. Me disant que dans ses bagages, elle avait déposé avec soin sa plus belle robe et que ça allait être la fête ! Je me souviens également de ce cimetière que nous nous étions permis de visiter à Morne-à-l’Eau en Guadeloupe. Ce cimetière est classé Monument Historique. Si vous allez en Guadeloupe, allez dans ce cimetière. C’est un endroit magique, des petites maisons carrelées de noir et blanc, un chef d’œuvre architectural. Un lieu de recueillement vraiment insolite. Une paix plus qu’éternelle. Nous sommes toujours dans l’avion. Quelques turbulences nous secouent. Ça fait peur ! Nous sommes secoués comme des bouteilles d’Orangina. On s’accroche à notre siège, on se regarde, je suis sûre et certaine que certains prient ! Je m’en fou, j’ai vérifié, mon gilet de sauvetage est là et je sais nager ! ce qui m’inquiète le plus, c’est que dehors, il fait moins 60° moi qui suis si frileuse, ça va pas le faire ! Bon, tout est redevenu calme. Je continue ma papote avec ma copine de voyage. Elle est super sympa. On rigole bien. On réveille même ceux qui dorment tellement on rigole ! Rhooooo, c’est pô bien ça ! Nous arrivons à l’aéroport. Je suis effrayée de voir le bordel que les passagers peuvent laisser dans l’avion, c’est une vraie porcherie. Certains sont vraiment mal élevés je vous jure ! Ben oui, sans être maniaque faut pas exagérer quand même ! On récupère nos petites affaires. On quitte le bolide pour se diriger vers le hall de l’aéroport pour récupérer nos bagages. Avec toujours cette petite crainte de pouvoir tout récupérer. Pourvu que mon maillot de bain soit toujours là ! mes claquettes ! Oh oui mes claquettes vertes ! Après quelques formalités, on aperçoit une personne qui secoue de droite à gauche une pancarte avec notre nom écrit dessus. Un martiniquais nous accueille chaleureusement nous demandant si nous avons fait bon voyage et nous souhaite la bienvenue sur l’île paradisiaque qu’est la Martinique. Il nous guide vers le véhicule que nous avons loué. Ouais super, c’est une petite twingo blanche, une twingo comme la mienne ! Petite mais sympa. Nous voilà partis dans notre tite twingo en route pour Sainte-Anne. La nuit est tombée déjà et nous avons hâte de poser nos valises. Il faut trouver le Village ANOLI, lieu de notre séjour. Nous tournons et virons dans Sainte-Anne. On se renseigne. On nous guide assez rapidement. Nous sommes fatigués, très fatigués. Nous voilà enfin arrivés au Village Anoli où nous sommes accueillis par Milo et Nicole et leur petit chien qui s’appelle Plume. Plume est en fait un garçon, ben oui il lève la patte quand il fait pipi et pourtant il a un nom de fille ! Nicole s’est bien gardé de nous dire que c’est « Monsieur Plume ». Mon mari porte la valise la plus lourde (c’est normal, il est plus fort que moi et ses bras sont musclés !). Milo se charge de porter l’autre valise. Merci Milo ! Milo ouvre la porte du petit appartement que nous avons loué. Constitué d’une pièce ouverte, comportant un coin cuisine, un coin repas, d’une grande chambre décorée avec beaucoup de goût par Nicole, la maîtresse des lieux. Nous rangeons très rapidement nos affaires, nous nous débarrassons de nos baskets et de nos jeans. Nous voilà nus comme des vers ! Meuhhhhhhhhhhh non je rigole, on est en maillot de bain ! il fait chaud, c’est agréable, très agréable. Bordel ! on est au mois de décembre ! On marque notre territoire très rapidement. Il y a de l’eau dans le frigidaire. De notre cuisine ouverte sur l’extérieur, nous admirons la vue qui nous entoure. Des petites lumières partout, les maisons sont éclairées, les bateaux aussi………. Epuisés, nous allons faire un gros dodo réparateur, ça fait quand même quelques heures que nous sommes debout. Je me réveille vers 4 heures du matin, dérangée par le bruit des casseroles qui, accrochées au murs par des petits crochets, s’entrechoquent à cause du petit vent léger qui s’est engouffré dans la pièce. Une série de cinq casseroles, imaginez un peu ! Ce n’est rien, je retourne me coucher. Levés à 6 heures 30 sans réveil mais par les oiseaux qui piaillent. Levée la première, je découvre un petit oiseau sur la table et j’apprécie cet accueil. De toute façon, j’ai oublié mon lance pierre (meuhhhh non je rigole !). Et là ! je découvre au petit jour l’endroit où nous sommes. Une vue sur la mer qui est à couper le souffle. C’est beau, c’est féerique, c’est magique ! Nous sommes le 13 décembre 2007, le soleil est radieux. Nous déjeunons tranquillement et v’là ti pas qu’un effronté de p’tit oiseau se pose à côté de mont bol. Je commence à discuter avec lui, lui demande son nom, il ne me répond pas le bougre. Je te regarde sous tous les angles. Ses petits yeux rouges m’observent. Que veut-il ? Ah ! j’ai compris, in veut un morceau e biscotte. Je lui donne un p’tit bout, il s’envole rapidement emportant son petit morceau de biscotte. Et tous les matins, il venait. Je ne sais pas si c’était le même à chaque fois. J’aurais peut-être dû essayer de la baguer la première fois que je l’ai vu ! comme ça j’aurais pu le reconnaître et lui donner un nom. Sympa le petit zozio. La Martinique est un pays très accueillant malgré certains dires sur certains forums. Pour avoir séjournés deux fois en Guadeloupe, nous pouvons comparer les deux îles. La vie est très chère en Martinique. Nous avons vu le tomates à 6 euros le kilo ! Les bananes à 3 euros le kilo ! Les bananeraies ont été dévastées par le cyclone Dean. Le cyclone Dean et le tremblement de terre sont catastrophiques pour la Martinique. Pour avoir discuté avec les martinicais, beaucoup disent qu’ils préfèrent dix cyclones plutôt qu’un seul tremblement de terre. La terre qui gronde sous vos pieds pendant 40 secondes est quelque chose d’effrayant, de traumatisant. Le cyclone Dean a fait d’énormes ravages sur les côtes, les arbres sont déracinés mais la nature reprend vite ses droits. Le problème demeure à l’heure actuelle pour l’évacuation des arbres. Vous vous souvenez de ma copine de vol, elle me disait avec une très grande émotion dans ses mots et surtout dans son regard que nous, en métropole, on ne savait pas tout. Que eux, les Martinicais, savent que l’île sera engloutie bientôt ! dans 2 ans ? dans 5 ans ?, dans 20 ans ? qu’on ne pourra rien y faire. Ses paroles étaient, je puis vous l’assurer, très angoissantes. Vous hésitez entre la Martinique et la Guadeloupe ? Il y a plus de choses à voir en Guadeloupe, c’est évident. Mais la Martinique reste une île magnifique où l’accueil est très chaleureux. Les langoustes sont délicieuses ! Beaucoup de « blancs » arrivent en pays conquis à la Martinique, c’est insupportable. La Martinique est un département français, ne l’oublions pas mais la vie est différente là-bas. Il faut le respecter. Beaucoup de jeunes sont en dépression sur la Martinique. Deux cas se présentent. Ceux qui connaissent la métropole et qui ont la nostalgie de leur île et ceux qui ne quitteront jamais leur île. Qui ne connaîtront jamais nos quatre saisons. Là-bas, il fait beau tout le temps, tous les jours, toute l’année. Les cols roulés sont à proscrire là-bas. Beaucoup de métropoles sont séduits par les îles, on peut le comprendre : le soleil, la mer turquoise, le sable fin, mais attention l’intégration, l’adaptation sont très très dures car nous aussi nous avons la nostalgie pour notre pays, nos villes, nos campagnes. Nous avons parcouru pratiquement 1500 kilomètres en voiture et gardons un très bon souvenir de nos vacances. Allez en Martinique, je vous assure, c’est vraiment un petit coin de paradis.